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 Ali Ismail

Les images d'Ali en ont fait le symbole poignant des souffrances de la population civile irakienne que les forces américaines et britanniques affirment avoir voulu limiter depuis le début de la guerre contre l'Irak
  Le petit Ali, 12 ans, qui a perdu ses deux bras dans un bombardement américain sur Bagdad, a commencé à suivre un traitement d'urgence dans un hôpital à Koweit, à la faveur d'une campagne pour lui sauver la vie.

L'enfant, qui souffre également de brûlures, est arrivé mardi soir à Koweit, où il a été admis à l'hôpital spécialisé d'Al-Babtain. Les médecins ont affirmé qu'il était en train de subir une transfusion de sang et des greffes de peau. Plus tard, si tout se passe bien, il recevra des prothèses pour remplacer ses bras et lui permettre une certaine autonomie, ont ajouté les médecins, qui ont précisé que d'autres traitements de fond suivraient.

Ali, qui a perdu ses parents dans le bombardement et dont les souffrances ont ému le monde entier, était "stressé" et présentait des blessures infectées mais semblait dans un état suffisamment stable pour être opéré, a déclaré le chirurgien-plastique Imad Najada après son premier diagnostic. Le chirurgien a ajouté que l'état de l'enfant n'était pas critique et qu'il n'était pas nécessaire de l'envoyer ailleurs. "Nous pouvons prendre soin de lui ici", a-t-il dit.

Selon lui, Ali n'aura besoin que d'un traitement initial de dix jours dans le centre de soins pour grands brûlés, où on remplacera les liquides qu'il a perdus et on lui donnera davantage de sang pour assurer la circulation sanguine. Il a ajouté que l'enfant présentait des brûlures sur plus de 20% du corps et notamment sur le buste et une partie du scrotum.

Pendant que les médecins l'examinaient, les cris et les pleurs de douleur d'Ali étaient audibles. Son oncle, Mohammed al-Sultani, qui l'a accompagné, a déclaré aux journalistes que "toute sa famille est morte".

Ali Ismaïl Abbas est le seul survivant sur les vingt personnes qui se trouvaient dans sa maison de Bagdad lorsqu'elle a été touchée par les bombardements de la coalition américano-britannique le 30 mars, a ajouté M. Sultani, l'air hébété et épuisé.

Le garçon a menacé de se suicider s'il ne recevait pas de nouveaux bras. Le personnel médical à Bagdad avait averti qu'il ne disposait pas de l'équipement nécessaire pour soigner Ali et qu'il mourrait d'un empoisonnement du sang si l'enfant n'était pas pris en charge à l'étranger.

Les images d'Ali, publiées depuis plusieurs jours dans les journaux et diffusées en boucle par les télévisions, en ont fait le symbole poignant des souffrances de la population civile irakienne que les forces américaines et britanniques affirment avoir voulu limiter depuis le début de la guerre contre l'Irak.

Des associations humanitaires et des médias britanniques ont rassemblé des fonds pour permettre le transfert d'Ali hors d'Irak. Le Premier ministre britannique Tony Blair a déclaré mardi, lors d'une visite en Allemagne, que "nous avons tous conscience que ce n'est pas un cas individuel, il y a de nombreux autres cas qui nous inquiètent. Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour respecter ces personnes".

M. Blair a ajouté que deux autres jeunes Irakiens blessés dans le sud de l'Irak, sous contrôle britannique, avaient été évacués vers la Grande-Bretagne pour y être soignés. Le chancelier allemand Gerhard Schroeder a aussi offert l'aide de son pays pour traiter de tels cas. Le ministère koweitien de la Santé a affirmé que huit petits Irakiens avaient déjà été transférés à Koweit pour recevoir des soins depuis le début de la guerre, le 20 mars.

Les images d'Ali en ont fait le symbole poignant des souffrances de la population civile irakienne que les forces américaines et britanniques affirment avoir voulu limiter depuis le début de la guerre contre l'Irak


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